14° Ordinaire C
Charles de Foucauld 4 juillet 2010
Au
moment où commencent les vacances,
Jésus
nous invite d’abord à prier pour l’envoi d’ouvriers plus nombreux pour cette
moisson. Quelle place aura notre prière cet été pour cet envoi des
ouvriers vers la moisson ? C’est la
première réponse que notre Dieu attend de chacun d’entre nous. Mais si notre
prière est vraie, si elle est sincère, une autre question nous est posée par
notre Dieu : « Peux-tu continuer à penser que le Seigneur ne t’a pas
désigné TOI AUSSI parmi les 72 qu’il
envoie pour la moisson ? En préparant cette messe, l’une d’entre nous
disait : « Cet évangile tombe à point au moment où l’éditorial
du Cep nous invite TOUS, dans le CHRIST
à devenir acteurs à part entière. »
Cette mission confiée à tous n’est de tout repos. « Allez, nous dit Jésus, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Jésus ne nous envoie pas dans un monde où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. » Depuis, le meurtre de Caïn sur son frère Abel, l’homme est devenu un loup pour l’homme. Et nous déplorons trop souvent la violence gratuite autour de nous dans nos quartiers, dans notre pays et sur le plan mondial.
Cette violence est souvent capable de se dissimuler dans l’organisation elle-même de notre société, et chez les responsables chargés de réguler les violences et de gouverner les citoyens. Pensez à la manière de traiter les sans papiers ou ceux qui sont privés de domicile.
Les loups se dissimulent parfois en bienfaiteurs de la société. Un soir à la télé, une « spécialiste » expliquait l’acte de générosité qui consiste à faire le don d’un embryon congelé à des couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfant : pas un seul instant cette spécialiste ne se posait la question que poserait un jour cet enfant sur son vrai père et sa vraie mère.
Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. La férocité des loups, ce sont aussi ces perquisitions spectaculaires, médiatisées et disproportionnées contre la conférence des évêques belges, tous rassemblés cette semaine et séquestrés 9 h 30 durant à l’archevêché de Malines-Bruxelles. Discréditer les disciples du Christ, c’est vrai aussi au Vietnam, et dans combien de pays où ils ont fait le choix de défendre le droit des pauvres.
Dans toutes ces situations de violence, la consigne de Jésus aux 72 est très claire : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord, Paix à cette maison. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui. »Pas d’autre moyen d’affronter la violence : il s’agit de lui répondre par la contagion de la paix, de la ,non violence évangélique, dans un détachement des biens de ce monde, argent, sac, ou sandales.
Dieu merci, des jeunes notamment, mais pas seulement, vivent de cet appel : Avez-vous lu dans le dernier Cep le CR de Maureen et Pierre Emmanuel partis 2 ans au service de l’Afrique du Sud, terre de violence, laissant derrière eux chacun un CDI, et revenant de là-bas en période de crise, avec leur bébé Samuel ?Et aussi, l’une de celles qui préparaient la messe, nous a dit le mariage du fils d’un ami : ce couple décide de donner 2 ans à Marseille au service du quart-monde. Et encore, le frère de l’une d’entre nous, entraîneur sportif depuis l’âge de 14 ans, et qui continue pour arracher des jeunes à la tentation de la violence et de l’argent facile : il fait cela depuis de nombreuses années et a communiqué son virus à son frère plus jeune qui s’est mis au volley dans le même but.
Quand
dans la 2° lecture, la lettre aux Galates, Paul nous parle de
Voilà, frères et sœurs, au seuil d’une nouvelle période de l’histoire de notre paroisse, voilà ce que nous enseignent les 72 : Choisir sans retour, une vie pour que sur toute la terre où chacun d’entre nous a été planté par Dieu, l’évangile soit présent, et que la bonne nouvelle atteigne les limites du monde, les limites de notre société C’est un beau programme de vacances qui nous est donné par Isaïe. « De même qu’une mère console son enfant, moi-même, je vous consolerai. Vous le verrez, et votre cœur se réjouira. » Allez ! bonnes vacances pour le service de l’évangile.