FETE-DIEU  6 JUIN 2006

Pont de Claix et St Jean Bosco

 

            5 pains pour 5000 hommes ! On comprend la réaction des 12, et l’invitation prudente qu’ils adressent à Jésus : « Renvoie cette foule pour qu’ils trouvent à se loger et de quoi manger : ici, c’est un endroit désert » La réponse de Jésus est la même aujourd’hui devant le milliard d’hommes qui ont faim sur notre terre: « Donnez leur vous-même à manger. »        Parce qu’à l’invitation de Jésus, le pain  a été  partagé, il y a eu de quoi nourrir tout le monde, et il a fallu 12 paniers pour ramasser les restes.

        C’est ce même partage qui est à l’oeuvre aujourd’hui dans les restos du cœur, la banque alimentaire, ou le programme alimentaire mondial, action contre la faim ou le CCFD, ou encore cette semaine, la flottille qui a tenté d’apporter à Gaza de la nourriture et de quoi reconstruire des logements : des hommes et des femmes y ont donné leur vie. Comment ne pas rapprocher leur sort de celui de Jésus, celui qui le premier n’a pas hésité à risquer sa vie pour que ceux qui souffrent de la faim puissent manger à leur faim.

            Avez-vous remarqué la ressemblance étonnante entre le geste de Jésus multipliant les pains, et le don du pain devenu son corps : Dans les deux cas, il prend le pain, il lève les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna. Jésus n’a pas séparé le pain à partager  avec ceux qui souffrent de la faim, du pain et du vin dont il fit son corps livré et son sang versé dans le don inouï qu’il nous fait dans l’eucharistie. Les disciples de Jésus ne peuvent pas séparer lutte contre la famine mondiale et communion eucharistique.

            Et c’est pourquoi, en ce dimanche de la fête-Dieu, la fête du corps et du sang du Seigneur, les textes proposés pour notre découverte de la Parole de Dieu nous parlent à la fois de la multiplication des pains dans l’évangile de Luc, et de l’institution de l’eucharistie par Jésus, la veille de sa mort, telle que Paul nous l’a transmise : comme tous les convertis, il avait reçu ce don merveilleux de l’eucharistie, de la tradition qui nous vient du Seigneur Jésus lui-même.

            Curieusement, la première lecture de ce dimanche, nous parle de l’offrande du pain et du vin par Melchisédech pour remercier Dieu qui a permis à notre ancêtre dans la foi, Abraham de résister victorieusement à la coalition de 4 roitelets qui s’étaient attaqué à sa tribu familiale. La Bible ne nous en dit pas plus  sur ce Melchisédech, qualifié de roi de Salem et prêtre du Dieu très haut, donc à la fois roi et prêtre : roi au service de ses compatriotes, et prêtres pour les tourner vers Dieu. Là encore, on ne sépare pas le service terrestre des hommes et leur reconnaissance des dons de Dieu,  à travers le pain et le vin. C’est comme une préfiguration mystérieuse de ce que Jésus est venu réaliser parmi les hommes dans le partage du pain et du vin.

            Nous sommes donc invités aujourd’hui, à donner toute sa place au dynamisme eucharistique inauguré par Jésus, pour que nous puissions transmettre de génération en génération ce signe privilégié de la présence réelle de Jésus-Christ sur notre terre jusqu’à la fin du monde, jusqu’à son retour, comme il nous l’a promis.  6 fois dans le Nouveau Testament, nous trouvons le récit du pain partagé aux foules humaines qui ont faim, une fois dans Luc et dans Jean, deux fois dans Matthieu et Marc. De même, ils sont 4 à nous rappeler l’invention de l’eucharistie par Jésus la veille du jour où il nous fit le don de son corps cloué à la croix et de son sang versé : Paul, Matthieu, Marc et Luc. Jean lui nous a parlé du lavement des pieds par Jésus serviteur : déjà à la synagogue de Capharnaüm, il nous avait invités à manger son corps et à boire son sang, pour nous donner sa vie de Ressuscité.

            Comment aurait-il pu mieux nous dire son engagement total dans notre humanité faite de chair et de sang, son amour fou, son amour désireux de nous partager sa vie divine reçue de son Père ? Ce geste de donner son corps et toute sa vie, c’est déjà celui des époux, geste inséparable d’un engagement total et irréversible. Ce don nous fait pressentir celui du Fils de Dieu venu dans notre chair qui est au coeur du mystère eucharistique. Il a reçu notre chair de Marie sa mère, pour vivre et mourir sa vie d’homme véritable et c’est dans cette chair devenue notre nourriture, qu’il nous infuse sa vie divine, une vie éternelle.

(à St Jean Bosco)       

            Il est grand le mystère de la foi ! Nous le proclamons à chaque célébration eucharistique. Là se trouve vraiment la source et le sommet de la vie chrétienne, une vie dans la foulée de Jésus-Christ, venu délivrer notre humanité de la famine dans le pain partagé dont il a fait inséparablement le don de sa vie divine.. Je terminerai par les paroles du cantique :

Toi qui manges le corps de ton Seigneur,

Et qui bois à la coupe de son sang versé,

Ne méprise pas l’Eglise  de Dieu

Regarde les mains de l’affamé,

Partage avec lui ton pain de chaque jour.

 

(A la Résurrection)

            Au cours de cette eucharistie, nous célébrons plusieurs baptêmes. Vous les parents qui faites baptiser ces petits nés de votre chair et de votre sang, vous aurez à initier ces bientôt baptisés à cette vie nouvelle que vous leur faites partager aujourd’hui : l’eau du baptême va les unir à la mort et à la résurrection de Jésus. Devenez vous-mêmes disciples de Jésus qui s’est fait serviteur de ses frères les homme pour qu’ils soient nourris de la vie en plénitude : la vie humaine que vous leur avez donnée avec Dieu, et la vie divine que vous les aiderez à découvrir dans l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne.

 

1ère lecture : Melkisédek offre à Dieu le pain et le vin (Gn 14, 18-20)

 

 Psaume  109, R/ Tu es prêtre à jamais, Christ et Seigneur!

Oracle du Seigneur à mon seigneur :
« Siège à ma droite, 
et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. » 

De Sion, le Seigneur te présente
le sceptre de ta force : 
« Domine jusqu'au coeur de l'ennemi. » 

Le jour où paraît ta puissance,
tu es prince, éblouissant de sainteté : 
« Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré. » 

Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : 
« Tu es prêtre à jamais
selon l'ordre du roi Melkisédek. »

 

2ème lecture : Institution de l’Eucharistie (1Co 11, 23-26

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Tu es le pain vivant venu du ciel, Seigneur Jésus. Qui mange de ce pain vivra pour toujours. Alléluia. (cf. Jn 6, 51-52)

 

Evangile : Le Christ nourrit son peuple (Lc 9, 11b-17)