15° ordinaire C

Charles de Foucauld 11 juillet 2010

 

 

            « Si les cathos n’existaient pas, il faudrait les inventer ! » C’est un musulman de nos quartiers qui a fait cette déclaration il y a quelques jours à l’occasion de la marche pour la dignité et contre la pauvreté. Cette marche s’est déroulée pendant 48 h les 30 juin et 1° juillet, de la Viscose  à la CAF et à la CPAM, en passant par Teisseire et Fontaine. Des marcheurs nombreux, de toute conviction, musulmans, chrétiens, athées, qui rejoignirent  les 2 et 3 juillet à Lyon, d’autres marcheurs venus de toute la région Rhône Alpes.

            Ils sont nombreux ces hommes et ces femmes sur les nombreuses routes de Jérusalem à Jéricho d’aujourd’hui qui sont tombés aux mains des brigands modernes qui valsent avec des millions d’euros, tellement aveuglés qu’ils sont totalement inaccessibles à la compassion envers ceux qui souffrent  sur le bord de la route, d’une  misère qui ne fait qu’augmenter, avec tous les plans de rigueur annoncés. L’évangile de Jésus est pour nous d’une brûlante actualité : C’est  l’Evangile avec sa force d’aimer qui a provoqué le cri d’admiration de ce musulman.

            Nous pouvons hélas, comme Jésus le déplore dans cette parabole, passer à côté du blessé au bord de la route : c’est ce qu’ont fait le prêtre et le lévite, deux professionnels de la religion. Leur religion les occupe tellement qu’ils sont incapables de voir la gravité des blessures qui atteignent leurs compagnons d’existence, et ils ont peur d’être eux aussi attaqués sur la dangereuse route de la vie :   si je me laisse émouvoir par les blessures de cet homme, je vais prendre le risque de mettre en danger ma propre vie.

            Par contre, Jésus met bien en lumière  l’engagement total de ce samaritain : Que va-t-il arriver à ce blessé si je ne viens pas à son secours ? C’est très exactement la question que Jésus, le Fils éternel du Père, s’est posé quand Dieu a décidé de venir au secours de notre humanité blessée. Et il a pris tous les risques pour venir  arracher notre humanité en grand danger de mort éternelle.

            Dans cette parabole, Jésus  nous ouvre les yeux sur  l’amour infini qui est vécu courageusement  non seulement  par tant d’hommes méprisés de notre race humaine, mais il vient nous signifier clairement, que Lui-même s’identifie, se reconnaît dans l’amour vécu par tous ces êtres traités si inhumainement. Cette parabole de l’évangile  est la révélation lumineuse du  mystère de l’amour rédempteur de Jésus qui a tout risqué pour nous arracher à la mort.

            C’est encore sur ce mystère du Christ, que St Paul nous invite à méditer dans la 2° lecture de ce dimanche, dans ce Cantique au Christ, chef de l’univers, et tête de notre Eglise. Il nous présente le Christ à la fois comme une créature, et comme le Créateur. En ce temps de vacance prenons le temps de réjouir nos yeux de toute la beauté de la Création, et rappelons nous cette Parole de Paul qui nous montre Jésus comme le cœur brûlant de cette création, sa fleur la plus parfaite, le premier-né de toute créature. C’est inimaginable : Cette créature, c’est aussi le Créateur, celui qui a tout créé de cette beauté du monde, et celle-ci n’existe que pour Lui : « Tout est créé par lui et pour lui, chante St Paul, Il est avant tous les êtres et tout subsiste en Lui. »

            Nous n’aurons pas assez de toute l’éternité pour nous émerveiller de cet immense univers créé par le Christ et pour devenir le Christ : les distances inimaginables de nos galaxies, et l’infiniment petit révélé dans les nanotechnologies, les océans, les mers et les montagnes, toutes les plantes de la terre et tous les animaux, la fragile biodiversité, toute les richesses de vie humaine, toute cette symphonie de l’univers destiné à devenir le Christ.

            Mais dés maintenant durant notre aventure sur la terre, nous pouvons découvrir dans le premier-né d’entre les morts, dans le Christ Ressuscité, la tête de l’Eglise, cet immense corps du Christ vivant sur toute la terre. Bien sûr, il faudra toujours dénoncer notre péché qui ternit le visage de cette Eglise  sur notre terre. Mais l’Eglise, c’est aussi cette force de réconciliation sur notre terre par le sang de la Croix du Christ, cette force de la non-violence enfin à l’œuvre sur la terre de Palestine, mais aussi dans la résistance Tibétaine ou Birmane en Asie. L’Eglise, c’est cette force de la faiblesse non violente, sur notre terre et le Christ en est la tête, depuis que Bon samaritain, il nous a aimés à en mourir.

            Avec Moïse, dans la première lecture, écoutons la voix du Seigneur. Ne la cherchons pas dans les nuages, car elle est tout prés de nous, la Parole du Père, pour que nous la mettions en pratique ; alors, oui, nous passerons de bonnes vacances, en attendant les vacances éternelles.

           

           

 

1ère lecture : La loi de Dieu dans le coeur de l'homme (Dt 30, 10-14)

 Psaume : Ps 18, 8, 9, 10, 11R/ Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance !

La loi du Seigneur est parfaite,  qui redonne vie ; 
la charte du Seigneur est sûre,  qui rend sages les simples. 

Les préceptes du Seigneur sont droits,  ils réjouissent le coeur ; 
le commandement du Seigneur est limpide,  il clarifie le regard. 

La crainte qu'il inspire est pure,  elle est là pour toujours ; 
les décisions du Seigneur sont justes  et vraiment équitables : 

plus désirables que l'or,  qu'une masse d'or fin, 
plus savoureuses que le miel  qui coule des rayons.

 

2ème lecture : Primauté du Christ dans la création et dans l'Église (Col 1, 15-20)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici le commandement nouveau : Celui qui aime Dieu, qu'il aime aussi son frère. Alléluia. (cf. Jn 5, 21)

 

Evangile : La loi d'amour : le bon Samaritain (Lc 10, 25-37)