Saint Etienne le 26 juin

 

La Résurrection le 27 juin                                                                 

 

            60 ans de mariage ! Merci Monique et André d'avoir accepté de fêter en paroisse votre jubilé ! Merci également aux 3 couples qui les talonnent avec 55 ans. Il ne s'agit pas ici de vous mettre sur un piédestal, mais de rendre grâce à notre Dieu qui vous a donné de TENIR BON, comme St Paul nous y invite tous dans la 2' lecture de ce dimanche qui va ouvrir les  vacances d'été.             

            Tous les textes de l'Ecriture sont une parole sur la Vocation et sur notre réponse personnelle irremplaçable. Nous le voyons bien déjà avec Elie et Elisée. Elie en jetant son manteau sur Elisée, lui signifie un appel à accueillir la vocation de prophète, de porte parole de Dieu pour son peuple. Cet appel lui est adressé alors qu'il s'adonne  très consciencieusement à son métier d'homme : il est laboureur. Mais quand il tergiverse en réclamant de se tourner une fois encore vers ses parents avant de le suivre, Elie le rabroue. Et du coup, Elisée va se lever pour le suivre, sans retour en arrière possible : il liquide son instrument de travail, sa charrue brûlée et ses boeufs tués pour un festin partagé avec tous.

            Répondre à la vocation du mariage suppose aussi qu'on quitte père et mère, comme nous le dit le livre de la Genèse. Et dans l'évangile de ce jour, Jésus souligne la radicalité de l'engagement dans notre vocation d'homme quelle qu'elle soit: « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le Royaume de Dieu. »

            Cette radicalité dans un engagement d'homme, c'est d'abord Jésus lui‑même qui l'a vécue. Luc9/51, c'est un tournant dans la vie publique de Jésus : Luc nous met face à l'aboutissement de cette vie publique, le moment où il va être enlevé de ce monde, et ce moment approche, nous dit Luc. Et il nous montre Jésus prenant résolument la route vers Jérusalem, c'est à dire, vers l'offrande totale de lui‑même à son Père, l'offrande totale à l'amour de ses frères les hommes.

            Il ne s'agit pas de s'imposer par violence à ceux qui refusent de s'ouvrir à l'amour de Dieu et à l'amour fraternel, en les y obligeant par le feu du ciel. Très vigoureusement Jésus s'oppose à cette violence de Jacques et Jean, et il prévient très clairement les disciples qu'il devront accepter la précarité et l'inconfort avec lui, Jésus, qui ne possède même pas une pierre pour reposer sa tête. Et même enterrer ses morts, passe après l'urgence de témoigner de l'Evangile.

            Quand on entend de tels propos, on serait tenté de les taxer d'inhumanité, sinon de fanatisme. C'est vrai que vivre de l'évangile sera toujours dérangeant tant que l'on aura pas saisi les enjeux de ces choix : Il y va de la libération de notre humanité. C'est Saint Paul qui nous l'explique très clairement dans sa lettre au Galates. Si le Christ nous a libérés, c'est pour que nous soyons vraiment libres : Ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage, vous avez été appelés à la liberté. Si Jésus nous a été envoyé par le Père, c'est pour nous rétablir dans notre liberté d'êtres humains, créés à l'image de Dieu.

            Cette liberté, nous la confondons souvent avec la faculté de satisfaire notre égoïsme, en obéissant à nos tendances égoïstes, et en se détruisant les uns les autres. On vient d'en avoir un exemple qui nous a tous fait souffrir, avec notre équipe de foot nationale : l'amour du fric est devenu une idole si exigeante, qu'au sein de cette équipe on s'est dévoré mutuellement. C'est le résultat amer promis à tous ceux qui refusent la liberté gagnée et offerte par Jésus‑Christ. Quelle belle illustration des paroles de St Paul dans sa lettre aux Galates !

            Quelle est donc cette liberté que Jésus nous offre ? C'est la liberté d'aimer. Cet amour, ce n'est pas un vague sentiment: mettez‑vous par amour au service les uns des autres, nous dit St Paul. Voilà, frères et soeurs, notre vocation de chrétien, pour laquelle Jésus a choisi le don total de lui‑même à son Père et à ses frères. En préparant cette messe jubilaire, l'un des couples disait : « en choisissant le sacrement de mariage, nous avons choisi tous les deux de marcher sur le même chemin éclairé par Dieu, ce chemin de liberté proposé par Jésus Christ. » Etre encore ensemble après 55 ou 60 ans n'est pas un exploit surhumain, c'est recevoir de Jésus‑Christ une très grande joie, celle d'apprendre peu à peu à aimer comme Lui.

 

Samedi 26: (Vous avez connu les disputes, les difficultés avec l'argent, et beaucoup de péripéties, mais avec la force du Christ, avec son pardon aussi, vous avez appris à vaincre les tendances égoïstes, en vous laissant conduire par l'Esprit du Christ. Alors, ce soir, laissons nous aller à la joie et à un immense merci à Dieu qui nous entraîne sur le chemin rude, mais tellement merveilleux de la liberté d'aimer et de servir: oui, elle est belle notre vocation de disciples de Jésus‑Christ)

 

Dimanche 27 : (Ils ont connu les disputes, les difficultés avec l'argent, et beaucoup de péripéties, mais avec la force du Christ, avec son pardon aussi, ils ont appris à vaincre les tendances égoïstes, en se laissant conduire par l'Esprit du Christ. Ensemble, avec tous les jeunes qui en ce moment s'engagent dans les liens du sacrement de mariage, soyons dans la joie de marcher avec eux sur le chemin rude, mais tellement merveilleux de la liberté d'aimer et de servir: oui, elle est belle notre vocation de disciples de Jésus‑Christ)

 

1 ère lecture : Élisée abandonne tout pour suivre Élie (11Z 19, 16b.19‑21)

 

Psaume: Ps 15, 1.2a.5, 7‑8, 9‑10, 2b‑1 IR/ Dieu, mon bonheur et ma joie

 

Garde‑moi, mon Dieu : j'ai fait de toi mon refuge. J'ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. »

 

Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon coeur m'avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.

 

Mon coeur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle‑même repose en confiance tu ne peux m'abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption.

 

Je n'ai pas d'autre bonheur que toi Tu m'apprends le chemin de la vie devant ta face, débordement de joie! À ta droite, éternité de délices!

 

2ème lecture : L'Esprit s'oppose à la chair et nous rend libres (Ga 5, 1.13‑18)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Aujourd'hui le Seigneur nous appelle. Suivons‑le sur les chemins de l'Évangile. Alléluia. (cf 1 S 3, 9; Lc 9, 59)

 

Evangile : Suivre Jésus sans condition sur la route de la Croix (Lc 9, 51‑62)